Parce qu'on se forme à travers notre ressenti, ce que notre vie nous a fait vivre et nous fait vivre. On ne peut connaître la vie à travers les bouquins puisque la vie ne se résume pas à des connaissances. On n'est pas des machines à apprendre.
Aussi bien les moments durs que les moments doux nous forment, il ne faut rien laisser derrière soi puisque chaque expérience, même la plus douloureuse qui soit, nous permet d'appréhender la vie sous un nouvel angle.
Pour autant, l'origine de cette locution, Carpe diem (quam minimum credula postero) , n'est pas à prendre dans le sens que je viens d'évoquer: le carpe diem est quelque chose de plus positif, qui pousse à profiter de l'instant présent (le cueillir), mais d'une manière à pas en abuser.
Ce qui ainsi passe pour un saisir l'instant hédoniste devient un saisir l'instant plus spirituel de mon point de vue: quelque chose qui élève l'esprit vers la connaissance du monde à partir de soi.
Mais qui dit sensible dit également sensuel, logique me direz vous. On apprend pas à faire l'amour dans les bouquins, c'est par la découverte qu'on l'apprend, et ce genre d'instant est à saisir car il se rapproche pleinement du carpe diem, quam minimum credula postero.
Mais finalement, saisir l'instant, c'est pas être au maximum de la débauche durant un instant, mais c'est continuellement profiter de l'instant pour s'élever. Alors ne nous privons pas, profitons de chaque instant, aussi charnel soit-il!